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Titre du blog : Une rédac' sous les toits de la Capitale
Auteur : Emes
Date de création : 17-08-2008
 
posté le 17-08-2008 à 11:00:00

Comment se lever du pied gauche?

Dans la famille des transports en commun, je demande le métro… mauvaise pioche !

 

Une heure que je suis levée,et je pense déjà à me recoucher

Lundi 25 juin, station Argenteuil, 8h32. Comme d’habitude, j’ai couru pour attraper un métro qui m’est passé sous le nez et maintenant, je dois me faire une raison : le prochain est dans 3 minutes. Mon attaché-case pesant au bout de mon bras, j’attends donc, morose, le train qui va me conduire à mon boulot. Il fait sombre, personne ne parle, et moi-même je dois avouer que je ne fais aucun effort pour sourire à ceux qui m’entourent. Si encore l’air était respirable ! Mais avec cette puanteur ambiante, l’attente devient insupportable. Ah ! Le voilà ! Après avoir laissé descendre une bonne dizaine de passagers, je monte dans un wagon encore bien rempli, en même temps qu’un jeune homme, la trentaine, portant un costume foncé qui vient me rappeler le temps qu’il fait dehors : gris. D’emblée, je choisis ma place : ce sera debout, près de la porte. Au moins, je n’aurai pas à subir le claquement d’un strapontin dans mon dos, lorsqu’une personne le quittera sans crier gare. D’ailleurs, les places assises sont déjà toutes occupées. En face de moi, un de ces ados rebelles, qui veut sans doute éviter les regards puisqu’il a les yeux rivés au sol depuis le début du trajet. C’est dans des endroits comme celui-là que l’on se rend compte à quel point les gens peuvent être asociaux.

 

Qu’on mette la sourdine !

Moi qui ai tendance à trop parler, il me suffit de voir la tête des gens dans le métro pour être calmée jusqu’à la fin de ma journée. Enfin, « calmée », c’est un bien grand mot si l’on tient compte du brouhaha produit par les portes qui s’ouvrent et se ferment à chaque arrêt, et qu’un puissant signal sonore accompagne jusqu’à ce qu’un imbécile arrive en courant et laisse son pied dehors, ce qui oblige nos oreilles à subir de nouveau le signal sonore et le « clac » de la fermeture des portes. Lasse d’observer ce qui se passe à l’intérieur, je décide de jeter un coup d’œil à la fenêtre, mais suis loin d’être dépaysée : c’est mon reflet que je vois, j’ai presque honte de cet air maussade que j’affiche, mais vu mon entourage, personne ne m’en tiendra rigueur. Le train s’arrête, et voilà que montent deux jeunes lycéennes que je reconnais pour les avoir vues et surtout entendues la semaine précédente. Pour moi, elles sont l’extrême limite du supportable : des hurluberlues qui crient pour se parler et semblent accorder tant d’importance à leur conversation qu’elles en oublient la présence des autres voyageurs qui, pendant ce temps, prient le ciel pour ne pas devenir sourds. Allez, dans quelques stations je vais pouvoir quitter cet enfer.

 

La prochaine fois, j’opte pour le covoiturage

Une vieille femme vient de se lever non sans difficultés, mais ça ne viendrait à l’idée de personne de se pousser pour la laisser se frayer un chemin. Remarque, avec sa canne, elle s’en sort plutôt bien : quelques coups dans les tibias les plus proches et elle s’en va. Enfin, je vais pouvoir m’asseoir ! Car finalement, rester debout dans un wagon aussi rempli et pendant autant de temps relève du miracle. Tous ces malaises voyageurs qui nous mettent si souvent en retard en sont la preuve ! Je m’installe avec l’intention de lire mes mails, mais, prête à sortir mon ordinateur, je me rends compte à temps de ma bêtise : si les métros avaient la Wi-fi, ça se saurait ! Faute de pouvoir s’occuper, mon esprit se tourne alors vers mon estomac qui commence à crier famine. Je n’ai pas pris le temps de manger ce matin pour ne pas être en retard, et, résultat, j’ai dû attendre sur le quai. Mais mon calvaire va bientôt s’achever : je descends à la prochaine. L’homme au costume gris est toujours devant moi ; mignon, mais insipide. Peut-être que dans un autre contexte je l’aurais abordé. De toute façon, on est à la Défense. 9h17, je quitte le métro pour rejoindre mon boulot. En arrivant, je salue mes collègues, qui me répondent par un vague signe de la tête ou de la main, avant de passer à la cafétéria. Aucun doute, eux aussi ont pris les transports en commun, ça se lit sur leur visage…